L’écrivain Thélyson Orélien a remporté le Prix Méduse 2026 pour son premier roman, C’était ça ou mourir. La distinction place au premier plan une œuvre consacrée à l’exil, à la survie et au long parcours d’un Haïtien contraint d’abandonner son pays sous la pression de la violence.
Le roman suit Jonas Dorléon, professeur d’histoire et de géographie à Carrefour-Feuilles. Lorsque son quartier devient invivable, il entreprend une traversée des Amériques dans l’espoir de rejoindre le Canada. L’ouvrage est publié au Québec par les Éditions du Boréal et doit paraître en France chez Grasset.
Donner un visage aux statistiques migratoires
Les migrations sont souvent présentées à travers des nombres : passages aux frontières, demandes d’asile, expulsions ou arrivées irrégulières. La littérature restitue ce que les statistiques ne montrent pas toujours : l’abandon d’un métier, la séparation familiale, la peur, l’humiliation et le sentiment de ne plus appartenir à aucun territoire.
Le titre du roman résume la brutalité du choix imposé à de nombreux migrants. Partir n’est pas nécessairement une aventure ni une recherche de confort. Dans certaines circonstances, le départ devient une décision destinée à préserver sa vie.
Une œuvre enracinée en Haïti et ouverte sur le monde
La reconnaissance obtenue par Thélyson Orélien montre qu’une histoire profondément haïtienne peut toucher un lectorat international. Le roman transforme une réalité nationale en réflexion universelle sur la dignité, l’appartenance et la possibilité de recommencer ailleurs.
Cette distinction rappelle aussi le rôle des écrivains dans la conservation de la mémoire. Lorsque les institutions documentent mal les drames collectifs, la littérature devient parfois l’un des témoignages les plus durables d’une époque.
Analyse Ayiti-Info+
Le succès de l’auteur doit encourager les institutions culturelles à soutenir les maisons d’édition, les bibliothèques, les programmes de lecture et les jeunes écrivains. Une politique culturelle ne se limite pas aux cérémonies : elle doit permettre aux œuvres d’être écrites, publiées, distribuées et lues.
Avec ce prix, Thélyson Orélien montre que la littérature haïtienne ne se contente pas de raconter les blessures du pays : elle les transforme en une parole capable de franchir les frontières.
Commentaires 0
Réagissez à cet article et partagez votre point de vue.