Le ministre des Travaux publics, Transports et Communications, Joseph Almathe Pierre Louis, a présenté le 17 juillet 2026 l’état d’avancement de plusieurs chantiers routiers engagés pendant ses cent premiers jours à la tête du ministère. Il a évoqué des interventions allant de Hinche au Cap-Haïtien, en passant par le Nord-Ouest, le Sud-Est, le Nord-Est et l’Ouest.
Des routes qui conditionnent toute l’économie
En Haïti, la route est plus qu’une infrastructure de transport. Elle détermine l’accès aux marchés, aux écoles, aux hôpitaux et aux services publics. Une route dégradée augmente le prix des produits, allonge les déplacements et accélère l’usure des véhicules.
Les travaux routiers peuvent donc avoir un impact direct sur l’activité économique. Mais cet impact dépend de la continuité des corridors. Réparer quelques centaines de mètres sans traiter les points critiques, le drainage et les ouvrages d’art produit souvent un résultat temporaire.
Le bilan des cent jours doit être documenté
Une intervention médiatique permet de présenter les priorités, mais la population a besoin d’informations vérifiables : longueur des tronçons, entreprises responsables, budgets, sources de financement, taux d’exécution et dates de livraison.
Le MTPTC devrait publier un tableau public actualisé. Une telle démarche aiderait les citoyens, les collectivités et les médias à distinguer les travaux réellement financés des simples annonces.
Le drainage, grand oublié des projets routiers
De nombreux axes se détériorent rapidement parce que les travaux ne prennent pas suffisamment en compte l’écoulement des eaux. Les canaux obstrués, l’urbanisation désordonnée et l’absence d’entretien transforment les pluies en facteur de destruction.
La durabilité exige donc une approche intégrée : chaussée, drainage, protection des berges, signalisation, contrôle des charges et entretien régulier. Sans cela, l’État recommence les mêmes travaux à intervalles courts.
Les collectivités et les riverains doivent être associés
Les chantiers modifient la circulation, l’accès aux commerces et la sécurité des piétons. Une communication locale est nécessaire pour annoncer les déviations, prévenir les accidents et recueillir les plaintes.
Les mairies et les directions départementales doivent également participer au suivi. Le ministère central ne peut pas contrôler seul des dizaines de projets répartis sur le territoire.
Transparence des contrats et qualité des matériaux
Le coût réel d’une route ne se mesure pas seulement au montant initial du contrat. Une chaussée mal réalisée devient rapidement plus chère lorsqu’elle doit être réparée. Les contrats devraient prévoir des garanties, des contrôles indépendants et des sanctions en cas de non-conformité.
La publication des appels d’offres, des entreprises retenues et des résultats des inspections renforcerait la confiance. Elle protégerait aussi les ingénieurs et responsables publics contre les pressions politiques.
Passer de la logique d’urgence à une politique d’entretien
Haïti intervient souvent après l’effondrement d’un tronçon. Une stratégie moins coûteuse consisterait à entretenir régulièrement les routes avant qu’elles ne deviennent impraticables. Cela suppose un inventaire national et un financement stable.
Pour Ayiti Info+, le bilan du MTPTC ne devra pas être évalué au nombre de chantiers annoncés, mais au nombre de routes livrées, contrôlées et encore fonctionnelles dans plusieurs années. Les infrastructures sont une promesse de développement seulement lorsqu’elles résistent au temps.
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