PORT-AU-PRINCE — L'année scolaire 2026-2027 a officiellement commencé le 7 septembre. Pourtant, quelques jours après la rentrée, plus d'une quinzaine d'écoles nationales de la région métropolitaine de Port-au-Prince restent dans l'incapacité d'accueillir normalement leurs élèves.
Le Regroupement des directeurs d'écoles nationales d'Haïti a lancé un appel aux responsables du ministère de l'Éducation nationale afin qu'une solution soit trouvée rapidement.
Une rentrée officielle n'est pas toujours une rentrée réelle
Le calendrier scolaire peut annoncer le début des classes, mais cette date n'a que peu de valeur pour les enfants qui ne disposent pas d'une salle où suivre les cours.
La crise actuelle révèle ainsi une différence importante entre le nombre théorique de jours d'école et le nombre de journées d'enseignement effectivement reçues par chaque élève.
L'insécurité détruit aussi l'école publique
Les conséquences de la crise sécuritaire ne se mesurent pas uniquement en morts, blessés ou déplacements.
Lorsqu'un établissement ferme, perd son bâtiment ou doit fonctionner dans des locaux temporaires, la crise sécuritaire devient également une crise éducative.
Les familles les plus pauvres sont les plus vulnérables
Les ménages disposant de ressources peuvent parfois se tourner vers d'autres établissements. Les familles dépendantes de l'école publique disposent de beaucoup moins d'options.
Chaque école nationale incapable de fonctionner correctement peut ainsi renforcer les inégalités déjà profondes entre les enfants.
Il faut une cartographie nationale des écoles affectées
Le ministère de l'Éducation devrait publier régulièrement le nombre d'établissements publics détruits, occupés, déplacés ou fonctionnant dans des locaux temporaires.
Cette cartographie devrait également indiquer le nombre d'élèves concernés, les solutions provisoires mises en place et les budgets nécessaires pour les relocalisations.
Les 194 jours doivent devenir un indicateur réel
Une année scolaire ne devrait pas être évaluée uniquement à partir du calendrier officiel.
Le véritable indicateur devrait être le nombre moyen de journées de cours réellement reçues par chaque enfant à la fin de l'année.
Sans locaux, enseignants, matériel et sécurité, 194 jours inscrits sur un calendrier restent une promesse plutôt qu'un résultat.
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