PORT-AU-PRINCE — Le pétrole Brent évolue ce 11 septembre autour de 104 dollars le baril après avoir grimpé davantage plus tôt dans la semaine, sous l’effet des inquiétudes concernant l’approvisionnement au Moyen-Orient.
Pour Haïti, cette hausse n’est pas une simple information de marché international. Elle peut rapidement devenir une hausse du coût de la vie.
Haïti importe sa vulnérabilité énergétique
Le pays dépend fortement des produits pétroliers importés pour le transport, la production électrique privée et une partie importante de l’activité économique.
Lorsque le prix international augmente durablement, les importateurs doivent payer davantage en devises. La pression finit ensuite par atteindre les stations-service, les transporteurs et les entreprises.
Le transport transmet le choc au reste de l’économie
Un carburant plus cher ne touche pas seulement l’automobiliste. Il augmente le coût du camion qui transporte les produits agricoles, celui du minibus, celui de la livraison et celui des génératrices utilisées par les commerces.
Les prix alimentaires peuvent donc augmenter même lorsque les produits eux-mêmes ne dépendent pas directement du pétrole.
Les génératrices amplifient le problème
Dans un pays où de nombreuses entreprises compensent les faiblesses du réseau électrique avec des génératrices, le prix du diesel fonctionne presque comme une taxe sur la production.
Les petites entreprises disposent de moins de marge pour absorber le choc et répercutent plus rapidement leurs coûts sur les consommateurs.
Le risque monétaire
Une facture pétrolière plus élevée augmente aussi les besoins en devises. Si le dollar se renforce parallèlement sur les marchés internationaux, les importateurs peuvent subir un double choc : produit plus cher et devise plus coûteuse.
La crise rappelle l’urgence de diversifier l’énergie
Chaque flambée pétrolière montre les limites d’un système énergétique fortement dépendant de l’importation de carburants.
Développer le solaire, améliorer le réseau, réduire les pertes, moderniser le transport collectif et diminuer la consommation des génératrices ne sont pas seulement des politiques environnementales. Ce sont aussi des politiques de sécurité économique.
Lorsque le pétrole augmente à des milliers de kilomètres, Haïti paie la facture parce que son économie reste trop dépendante d’une énergie qu’elle ne produit pas et dont elle contrôle mal le coût.
Ayiti-Info+ | Économie internationale
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