PORT-DE-PAIX — Alors que le processus électoral haïtien entre dans une nouvelle phase, les difficultés administratives et logistiques observées dans le Nord-Ouest rappellent une réalité souvent éclipsée par la bataille des candidatures : une élection dépend d’abord d’une infrastructure capable de fonctionner.
L’infrastructure invisible des élections
Il faut enregistrer les électeurs, disposer de locaux, recruter et former le personnel, transporter le matériel, sécuriser les centres, publier les listes et permettre aux citoyens d’accéder aux services électoraux.
Chacune de ces opérations peut influencer la capacité réelle d’un territoire à participer au processus.
Le Nord-Ouest comme test opérationnel
Les difficultés rapportées dans le département du Nord-Ouest montrent pourquoi les conditions administratives locales doivent être surveillées.
Un calendrier national ne suffit pas lorsque les capacités opérationnelles varient considérablement d’une région à une autre.
Une élection nationale peut-elle fonctionner à plusieurs vitesses ?
Si certaines régions disposent de bureaux suffisamment équipés et accessibles tandis que d’autres rencontrent des obstacles plus importants, les citoyens peuvent se retrouver confrontés à des conditions différentes pour exercer leurs droits.
Cela ne constitue pas automatiquement une fraude électorale.
Mais ces différences peuvent devenir un problème d’équité et d’accès lorsqu’elles empêchent certaines populations de participer dans des conditions comparables.
L’intégrité commence avant le jour du vote
L’intégrité électorale ne dépend pas uniquement du dépouillement.
Elle commence lorsqu’un citoyen cherche à s’inscrire, lorsqu’un candidat tente de déposer son dossier et lorsqu’un bureau électoral doit accomplir ses tâches quotidiennes.
Un test pour le CEP
Le Nord-Ouest peut ainsi devenir un indicateur de la capacité du Conseil électoral provisoire à réduire les écarts opérationnels entre les différentes régions.
Le défi n’est pas seulement d’organiser une élection nationale, mais de faire en sorte que le droit de participer puisse être exercé dans des conditions suffisamment comparables sur l’ensemble du territoire.
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