KENSCOFF — La Police nationale d’Haïti annonce avoir repris le contrôle de quatre localités de la commune de Kenscoff qui étaient occupées par des groupes armés : Godet, Viard-1, Viard-2 et Bois d’Avril.
Cette évolution intervient après plusieurs semaines d’opérations menées dans cette commune stratégique située dans les hauteurs de la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Pour les forces de sécurité, cette reprise constitue une étape importante. Mais elle ouvre immédiatement une autre question : comment empêcher les groupes armés de revenir dans les zones abandonnées ?
Quatre zones annoncées sous contrôle de la PNH
Selon les informations communiquées par la Police nationale d’Haïti, les opérations ont permis de reprendre la totalité des secteurs de Godet, Viard-1, Viard-2 et Bois d’Avril qui étaient concernés par l’occupation de groupes armés.
La reprise de Bois d’Avril constitue notamment un développement important dans les opérations engagées à Kenscoff.
La commune est devenue ces derniers mois l’un des points sensibles de la lutte contre l’expansion des gangs autour de la capitale.
Pourquoi Kenscoff est stratégique
Kenscoff occupe une position particulière dans la géographie de Port-au-Prince.
Ses routes peuvent servir de voies de circulation entre plusieurs zones des hauteurs de la capitale et des communes voisines.
La présence de groupes armés dans cette région représente donc non seulement une menace pour les résidents mais aussi un risque pour les axes de communication et les activités agricoles.
Kenscoff est également connue pour sa production agricole, notamment les légumes qui alimentent les marchés de la région métropolitaine.
La reconquête militaire n’est que la première étape
L’expérience des dernières années montre qu’une zone peut être reprise lors d’une opération de sécurité sans pour autant être immédiatement stabilisée.
Après le retrait d’un groupe armé, les autorités doivent pouvoir maintenir une présence permanente.
Sans postes policiers, patrouilles régulières et contrôle des axes d’accès, les gangs peuvent tenter de revenir ou de déplacer leurs activités vers des secteurs voisins.
Le risque de déplacement de la menace
Une pression policière importante dans une zone peut également provoquer le déplacement des groupes armés vers d’autres territoires.
Ce phénomène signifie qu’une victoire locale peut modifier la carte de l’insécurité sans nécessairement faire disparaître la capacité opérationnelle du groupe concerné.
Les opérations doivent donc être accompagnées d’une stratégie plus large permettant de surveiller les voies de fuite et d’empêcher la reconstitution de nouvelles bases.
Le retour des habitants constitue un indicateur essentiel
Pour les populations déplacées, la reprise territoriale n’a de véritable signification que si elle permet un retour dans des conditions acceptables de sécurité.
Avant de rentrer chez elles, les familles veulent généralement savoir si les routes sont sûres, si une présence policière permanente existe et si les services de base peuvent reprendre.
Le retour durable des résidents constitue ainsi l’un des principaux indicateurs permettant de mesurer la stabilisation réelle d’une zone.
Agriculture et économie locale
L’insécurité à Kenscoff dépasse la seule question policière.
Les violences peuvent affecter les agriculteurs, empêcher l’acheminement des produits vers les marchés et augmenter les coûts de transport.
Une amélioration durable des conditions de sécurité pourrait favoriser la reprise des activités agricoles et commerciales, avec des effets potentiels sur l’approvisionnement de Port-au-Prince.
Une PNH sous forte pression
Ces opérations interviennent alors que la Police nationale doit intervenir simultanément sur plusieurs fronts dans la région métropolitaine et dans certaines zones de province.
La disponibilité des policiers, des unités spécialisées, des véhicules blindés, des munitions et du renseignement reste donc déterminante.
Le renforcement annoncé de la coopération internationale à travers la FRG pourrait apporter un soutien supplémentaire à ces opérations.
Après la reprise, la stabilisation
À Kenscoff, la priorité est désormais de transformer une avancée opérationnelle en stabilité durable.
Cela suppose de maintenir la pression sur les groupes armés, sécuriser les routes, rétablir progressivement les services publics et permettre aux populations déplacées de retrouver leurs communautés.
La reprise de Godet, Viard-1, Viard-2 et Bois d’Avril constitue donc une évolution importante, mais la réussite de l’opération sera surtout mesurée par la capacité de l’État à empêcher une nouvelle occupation de ces territoires.
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