La nomination d’un homme à un poste de direction au ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes provoque une vive polémique. Dans un pays où les femmes subissent de nombreuses formes de violence, d’exclusion et d’inégalité, la question de la représentation symbolique devient très sensible.
Pour plusieurs organisations de défense des droits des femmes, ce débat ne concerne pas seulement un nom ou une fonction. Il interroge la manière dont l’État comprend la mission même de ce ministère : protéger, accompagner et promouvoir les droits des femmes haïtiennes.
Certains estiment qu’un homme peut techniquement exercer une fonction administrative dans n’importe quelle institution. Mais d’autres rappellent que dans un ministère créé pour répondre à des luttes historiques portées par les femmes, le signal politique compte énormément.
Cette polémique révèle une fracture plus profonde : la faible présence des femmes dans les lieux de décision, le manque de consultation des organisations concernées et la méfiance envers des choix perçus comme déconnectés des réalités du terrain.
Haïti ne pourra pas parler de reconstruction sans placer les femmes au centre des décisions. La question n’est pas seulement administrative. Elle est politique, sociale et morale.
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