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Justice — CSPJ : 119 magistrats certifiés, 17 refusés — que révèle ce contrôle sur l’état de la justice haïtienne ?

Sur 159 dossiers examinés par le CSPJ, 119 magistrats ont obtenu leur certification et 17 ont été refusés. Au-delà des chiffres, cette opération pose la question de la confiance dans la justice haïtienne.

Par Publié par Ayiti Info+ 3 min de lecture
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Le processus d’assainissement du système judiciaire haïtien franchit une nouvelle étape. À l’issue de l’examen de 159 dossiers de magistrats, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) a annoncé la certification de 119 juges et commissaires du gouvernement, tandis que 17 dossiers n’ont pas obtenu la certification.

Quatorze autres dossiers doivent faire l’objet d’enquêtes complémentaires. Le bilan fait également état de deux abandons de poste et de sept départs à la retraite. Les dossiers ont notamment été examinés lors d’une retraite institutionnelle organisée du 7 au 10 septembre 2026.

Ces chiffres dépassent la simple gestion administrative. Ils posent une question fondamentale : la certification peut-elle devenir un véritable instrument de reconstruction de la confiance dans la justice haïtienne ?

La certification, un filtre devenu incontournable

Le processus de certification vise à déterminer si les magistrats répondent aux exigences d’intégrité, de moralité et de compétence nécessaires à l’exercice de leurs fonctions.

Cette procédure est particulièrement importante dans un pays où la population réclame depuis des années une justice plus indépendante, plus rapide et davantage protégée contre la corruption, les interventions politiques et les influences extérieures.

La certification ne constitue cependant qu’une étape.

Écarter ou ne pas certifier certains magistrats peut contribuer à renforcer les exigences d’intégrité, mais le fonctionnement de la justice dépend également des conditions matérielles des tribunaux, des enquêtes policières, des greffes, du système pénitentiaire, de la sécurité des magistrats et de la capacité de l’État à faire appliquer les décisions judiciaires.

Quatorze dossiers encore sous examen

La décision de maintenir quatorze dossiers sous enquête complémentaire illustre également la complexité du processus.

Une certification crédible doit reposer sur des vérifications suffisamment solides pour éviter deux risques opposés : maintenir dans le système des personnes dont l’intégrité serait sérieusement mise en cause ou, à l’inverse, écarter un magistrat sur la base d’informations insuffisantes.

La transparence autour des critères utilisés reste donc essentielle.

Sans nécessairement rendre publiques des informations confidentielles, le CSPJ peut renforcer la compréhension de la procédure en expliquant davantage la méthodologie, les possibilités de recours et les standards appliqués.

Reconstruire toute la chaîne judiciaire

La certification des magistrats intervient alors que le système judiciaire haïtien reste confronté à de nombreuses difficultés structurelles.

Même un magistrat compétent ne peut travailler efficacement lorsque les audiences sont interrompues, que les dossiers sont difficiles à déplacer, que certaines juridictions sont affectées par l’insécurité ou que la détention préventive prolongée continue de peser lourdement sur les prisons.

La reconstruction de la justice doit donc être envisagée comme une chaîne comprenant la sélection des magistrats, leur formation, leur sécurité, le fonctionnement des tribunaux, les enquêtes, les greffes, l’exécution des décisions et l’accès des citoyens à un recours réel.

Le véritable test commence maintenant

Le chiffre de 119 certifications sur 159 dossiers représente un résultat important du processus en cours. Mais son impact devra surtout être mesuré dans les mois à venir.

Il faudra observer les nominations, renouvellements, affectations, suites données aux dossiers non certifiés et décisions prises concernant les dossiers toujours sous enquête.

Pour la population, le véritable test restera simple : la justice devient-elle plus accessible, plus indépendante, plus transparente et plus efficace ?

C’est sur ce terrain que le processus de certification devra finalement produire des résultats durables.

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