CEP et Primature : après les confrontations, l’urgence d’un dialogue responsable
Après les tensions entre le Conseil électoral provisoire et la Primature, l’heure ne peut pas être à l’orgueil institutionnel. Haïti a besoin de dialogue, de clarté et de responsabilité autour du processus électoral.
Dans un pays déjà fragilisé par l’insécurité, la crise économique, la méfiance politique et la fatigue sociale, une nouvelle confrontation entre institutions ne ferait qu’aggraver le doute. Le processus électoral ne peut pas devenir un champ de bataille supplémentaire.
Un moment sensible pour l’avenir politique du pays
Le CEP joue un rôle central dans l’organisation des élections. La Primature porte une responsabilité politique majeure dans la conduite de l’État. Lorsque ces deux espaces se retrouvent en tension, c’est toute la crédibilité du processus démocratique qui peut être touchée.
Haïti a besoin d’élections crédibles, mais les élections crédibles ne se préparent pas dans la confusion, les soupçons, les décisions imposées et les communications contradictoires.
Le dialogue ne doit pas être une façade
Les discussions entre le CEP et la Primature doivent aller au-delà des gestes de communication. Elles doivent permettre de clarifier les responsabilités, de respecter l’indépendance de l’institution électorale, de définir des règles lisibles et de rassurer les citoyens.
Le pays a trop souvent vu les processus électoraux commencer avec des tensions et finir dans la contestation. Cette fois, les acteurs doivent comprendre que la population n’a plus la patience pour les crises fabriquées au sommet de l’État.
La confiance comme condition de réussite
Un calendrier électoral, un décret ou une décision administrative ne suffisent pas à créer la confiance. La confiance se construit par la transparence, la cohérence, le respect des institutions et l’écoute des préoccupations légitimes.
Les citoyens veulent savoir si le processus sera sérieux. Ils veulent savoir si les règles seront respectées. Ils veulent savoir si les intérêts du pays passeront avant les calculs de groupes, de clans ou de personnalités.
Haïti n’a pas besoin d’un nouveau conflit institutionnel
La priorité nationale doit rester claire : restaurer la sécurité, préparer un processus électoral crédible, protéger les institutions et éviter que les tensions politiques n’ajoutent du chaos au chaos.
Après les confrontations, le CEP et la Primature doivent choisir la responsabilité. Haïti n’a pas besoin d’un nouveau bras de fer institutionnel. Haïti a besoin d’un chemin électoral sobre, transparent, crédible et tourné vers l’intérêt national.
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