La démolition d’une partie du Collège Regina Asumpta se poursuit au Cap-Haïtien dans un contexte de désaccord entre les autorités locales et les responsables de l’établissement.
Le dossier soulève plusieurs questions sensibles : protection contre les inondations, gestion des canaux, respect des procédures administratives, protection des institutions éducatives et gouvernance urbaine.
La question du drainage au cœur du dossier
Les autorités invoquent notamment la nécessité de dégager les infrastructures permettant l’écoulement des eaux dans cette zone du Cap-Haïtien.
Le drainage représente un enjeu majeur pour une ville régulièrement confrontée à des risques d’inondation lors de fortes pluies.
Des canaux obstrués ou réduits par des constructions peuvent aggraver l’accumulation des eaux et augmenter les risques pour les habitants des quartiers concernés.
Une institution éducative au centre du conflit
Le Collège Regina Asumpta représente toutefois une institution connue du paysage éducatif capois.
Toute intervention affectant ses infrastructures doit donc être accompagnée d’explications techniques claires permettant à la population de comprendre les motifs, l’étendue et les conséquences des travaux.
Le problème dépasse Regina Asumpta
L’affaire met surtout en évidence un problème plus large dans la gestion urbaine du Cap-Haïtien.
De nombreuses constructions se trouvent aujourd’hui à proximité de canaux, ravines et autres infrastructures essentielles à l’évacuation des eaux.
Les autorités doivent donc éviter que l’intervention soit perçue comme une mesure isolée visant une seule institution.
Une même règle pour toutes les constructions
Si la priorité est réellement de libérer les canaux et réduire les risques d’inondation, les mêmes critères techniques devraient être appliqués à toutes les propriétés concernées.
Institutions privées, bâtiments publics, commerces et constructions résidentielles devraient être évalués à partir des mêmes normes.
Prévenir plutôt que démolir
Le véritable défi de l’urbanisme n’est pas seulement d’intervenir après plusieurs années. Il consiste à empêcher dès le départ les constructions incompatibles avec les infrastructures de drainage ou les zones à risque.
Le Cap-Haïtien a besoin d’une cartographie actualisée de ses canaux, ravines, servitudes, zones inondables et espaces non constructibles.
Analyse Ayiti Info+
Le dossier Regina Asumpta doit dépasser le conflit entre une école et les autorités locales.
Il doit ouvrir une réflexion sérieuse sur l’aménagement du Cap-Haïtien, la protection des infrastructures de drainage et l’application uniforme des règles urbaines.
Une ville ne peut pas attendre chaque saison de pluies pour redécouvrir ses problèmes de drainage. La véritable solution réside dans une politique permanente de prévention, d’entretien des canaux et de contrôle de l’urbanisation.
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