Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a rencontré les autorités municipales du Cap-Haïtien le 30 juillet 2026. La visite, effectuée dans le contexte du vingtième anniversaire du réseau des universités publiques départementales, a permis d’aborder le développement local, la gouvernance territoriale et le processus électoral.
Deuxième grande ville du pays et pôle économique du Nord, le Cap-Haïtien dispose d’importants atouts historiques, universitaires, commerciaux et touristiques. La commune reste pourtant confrontée à l’assainissement insuffisant, aux difficultés de circulation, à l’urbanisation désordonnée et au manque de ressources municipales.
La décentralisation ne peut plus rester une promesse
Depuis plusieurs décennies, les gouvernements évoquent la décentralisation sans transférer suffisamment de moyens, de compétences et de capacités de décision aux collectivités. Une rencontre avec les maires est utile, mais elle ne devient une politique publique que lorsqu’elle débouche sur des engagements budgétaires et un calendrier vérifiable.
Les citoyens doivent pouvoir savoir quels travaux sont retenus, qui les financera, quelles institutions en auront la responsabilité et à quelle date les résultats seront évalués.
Les élections locales comme enjeu de légitimité
Le retour à des autorités locales élues est indispensable. Des maires disposant d’un mandat populaire peuvent être évalués sur leurs programmes et tenus responsables de leurs décisions. Mais une élection sans ressources municipales créerait des dirigeants légitimes mais incapables d’agir.
La réforme électorale doit donc être accompagnée d’une réflexion sur la fiscalité locale, la répartition des recettes nationales, la transparence des budgets communaux et l’entretien des infrastructures.
Analyse Ayiti-Info+
Le Cap-Haïtien peut devenir un laboratoire de développement territorial si le pouvoir central accepte de travailler avec les institutions locales dans la durée. Les annonces isolées et les déplacements officiels ne suffiront pas.
Le succès de la visite du Premier ministre ne se mesurera pas au nombre de réunions organisées, mais aux routes réparées, aux services améliorés, aux emplois créés et aux institutions locales rendues plus responsables.
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