NEW DELHI — Le sommet des BRICS des 12 et 13 septembre place l’Inde au centre d’un débat mondial : les puissances émergentes peuvent-elles transformer leur poids démographique et économique en une véritable capacité d’action collective ?
Le groupe élargi compte désormais onze membres et représente près de la moitié de la population mondiale. Mais son expansion a aussi multiplié les intérêts contradictoires.
Plus grand ne signifie pas automatiquement plus puissant
Les BRICS regroupent des économies, des systèmes politiques et des alliances très différents. La Chine et la Russie souhaitent réduire l’influence occidentale. L’Inde coopère avec les BRICS tout en maintenant des relations étroites avec les États-Unis et d’autres partenaires occidentaux.
L’Iran et les Émirats arabes unis appartiennent au même bloc tout en étant directement affectés par les tensions régionales actuelles.
Le sommet doit prouver que le groupe peut dépasser les déclarations
Depuis plusieurs années, les BRICS demandent une réforme des institutions financières internationales et une représentation accrue des économies émergentes.
Les ministres des Finances du groupe appellent encore à une gouvernance plus représentative du FMI et de la Banque mondiale ainsi qu’à l’amélioration des paiements transfrontaliers.
La question du dollar reste centrale mais complexe
Réduire la dépendance au dollar est régulièrement présenté comme un objectif politique. Mais créer des systèmes de paiement alternatifs ne signifie pas qu’une monnaie commune est proche.
Les économies membres présentent des niveaux de développement, des régimes de change et des intérêts commerciaux trop différents pour une transformation rapide.
Modi–Xi : une rencontre à forte valeur symbolique
La Chine et l’Inde préparent une rencontre entre Xi Jinping et Narendra Modi en marge du sommet. Les deux pays cherchent à améliorer leur communication après plusieurs années de tensions frontalières, mais la méfiance économique et stratégique reste forte.
Leur relation est décisive : un bloc qui veut remodeler la gouvernance mondiale peut difficilement fonctionner si ses deux géants asiatiques restent enfermés dans une rivalité permanente.
Que signifie cette évolution pour Haïti et la Caraïbe ?
Un monde plus multipolaire peut offrir aux petits États de nouvelles sources de financement, de commerce et de coopération. Mais il exige aussi une diplomatie plus stratégique.
Les pays caribéens devront éviter de remplacer une dépendance par une autre et négocier avec plusieurs pôles de puissance en fonction de leurs propres priorités.
Le véritable test des BRICS ne sera pas le nombre de dirigeants réunis à New Delhi, mais leur capacité à convertir la critique de l’ordre mondial en institutions, financements et décisions qui fonctionnent réellement.
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