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Alix Didier Fils-Aimé a-t-il trouvé l’appui qu’il cherchait face à l’opposition ?

Entre appuis internationaux, diaspora mobilisée et pression de l’opposition, Alix Didier Fils-Aimé semble avoir consolidé une partie du soutien qu’il recherchait. Mais cet appui peut-il devenir une solution durable pour Haïti ?

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Alix Didier Fils-Aimé semble avoir trouvé une partie du soutien dont il avait besoin pour tenir face aux pressions politiques. Mais en Haïti, obtenir du soutien n’est jamais la même chose que construire une légitimité durable.

Depuis plusieurs mois, le Premier ministre évolue dans un environnement miné : insécurité persistante, institutions affaiblies, calendrier électoral incertain, Conseil présidentiel fragilisé, opposition méfiante, population épuisée.

Dans un tel contexte, gouverner ne consiste plus seulement à administrer. Gouverner devient un exercice de survie politique.

Les appuis communautaires, diplomatiques et symboliques obtenus autour de lui peuvent donc être lus comme une bouffée d’air. Sa présence auprès des Grenadiers pendant la Coupe du monde, ses échanges avec la diaspora, ses rencontres internationales et les signaux venus de certains partenaires étrangers donnent l’image d’un chef de gouvernement qui cherche à élargir son socle au-delà des murs de Port-au-Prince.

Mais cette stratégie comporte un risque : celui de remplacer la légitimité nationale par la validation extérieure. Or Haïti a déjà trop souffert d’une politique où les appuis internationaux comptent parfois plus que l’adhésion populaire.

Le soutien étranger peut aider, mais il ne peut pas gouverner à la place du peuple. Il peut stabiliser un moment, mais il ne peut pas produire seul la confiance.

L’opposition, de son côté, doit aussi faire son examen de conscience. S’opposer est un droit. Mais s’opposer sans projet devient une fatigue nationale. Haïti n’a pas seulement besoin de critiques. Haïti a besoin d’alternatives.

Si l’opposition veut convaincre, elle doit proposer une vision claire sur la sécurité, les élections, l’économie, la justice et la réforme de l’État. Le pays ne peut plus se permettre une opposition fondée uniquement sur le rejet d’un homme.

Alix Didier Fils-Aimé a peut-être gagné du temps. Mais il n’a pas encore gagné la bataille essentielle : celle des résultats.

En Haïti, la population ne jugera pas longtemps sur les communiqués, les photos officielles ou les rencontres diplomatiques. Elle jugera sur la sécurité dans les quartiers, la reprise des activités économiques, la capacité de préparer des élections crédibles, le retour minimal de l’autorité publique et le respect de la dignité citoyenne.

Le soutien dont dispose le Premier ministre peut donc devenir une opportunité, à condition qu’il serve à agir et non à durer pour durer.

S’il utilise cet appui pour bâtir un minimum de consensus national, renforcer la sécurité, parler franchement au pays et préparer une sortie institutionnelle responsable, il pourra transformer une séquence politique fragile en moment utile.

Mais s’il utilise cet appui simplement comme bouclier contre l’opposition, sans résultats visibles, il ne fera que prolonger la crise.

Haïti n’a pas besoin d’un camp qui triomphe sur un autre. Haïti a besoin d’un État qui recommence à fonctionner. Le vrai test d’Alix Didier Fils-Aimé ne sera donc pas de savoir combien d’appuis il a obtenus, mais ce qu’il fera de ces appuis.

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