NEW YORK/WASHINGTON — Vingt-cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis se recueillent de nouveau devant les noms des victimes. Mais derrière les cérémonies, les drapeaux et les minutes de silence se pose une question beaucoup plus difficile : un quart de siècle de guerres, de surveillance, de contrôle des frontières, de réorganisation du renseignement et de dépenses militaires colossales a-t-il réellement rendu les États-Unis plus sûrs ?
La réponse est moins simple qu’elle ne paraît. L’Amérique de 2026 est incontestablement mieux équipée pour empêcher la répétition exacte d’une opération comme celle du 11-Septembre. Mais le terrorisme n’a pas disparu : il s’est fragmenté, numérisé et rapproché de l’intérieur des sociétés.
Dans le même temps, les réponses apportées après 2001 ont généré leurs propres coûts humains, financiers, diplomatiques et démocratiques.
Une matinée qui a changé la puissance américaine
Le 11 septembre 2001, 19 membres d’Al-Qaïda détournent quatre avions de ligne. Deux percutent les tours du World Trade Center à New York. Un troisième frappe le Pentagone. Le quatrième, United Airlines Flight 93, s’écrase en Pennsylvanie après la révolte de passagers contre les pirates de l’air.
Le bilan officiel est de 2 977 personnes tuées, sans compter les 19 pirates de l’air : 2 753 victimes à New York, 184 au Pentagone et 40 passagers et membres d’équipage du vol 93.
Mais réduire le 11-Septembre à ces quelques heures serait une erreur.
Ce matin-là n’a pas simplement détruit deux tours. Il a modifié la façon dont les États-Unis envisageaient leur territoire, leurs frontières, leurs aéroports, leurs services de renseignement, leur politique étrangère et même le rapport entre sécurité nationale et libertés individuelles.
Pendant des décennies, le territoire continental américain avait largement échappé aux grandes destructions des conflits mondiaux. Le 11-Septembre a brisé cette perception d’invulnérabilité.
Vingt-cinq ans plus tard, la mémoire devient histoire
L’événement appartient désormais simultanément à la mémoire et à l’histoire.
Des millions d’Américains se souviennent encore précisément de l’endroit où ils se trouvaient lorsqu’ils ont appris les attaques. Mais une nouvelle génération d’adultes est désormais née après 2001 et connaît le 11-Septembre principalement à travers l’école, les archives, les documentaires et les récits familiaux.
Le 11-Septembre passe progressivement d’un souvenir collectif vécu à un événement historique. Pourtant, ses conséquences continuent d’organiser une partie du présent américain.
Un 25e anniversaire qui rappelle que le bilan humain continue
Les cérémonies du 11 septembre 2026 se tiennent notamment à Ground Zero, au Pentagone et à Shanksville en Pennsylvanie.
Mais le bilan humain du 11-Septembre ne s’est pas arrêté au soir du 11 septembre 2001.
Des dizaines de milliers de secouristes, travailleurs, habitants et survivants ont été exposés aux poussières et substances toxiques produites par l’effondrement du World Trade Center.
Des maladies respiratoires, des cancers et d’autres pathologies continuent d’être suivis dans le cadre des programmes de santé créés après les attentats.
Pour de nombreuses familles américaines, le 11-Septembre n’appartient donc pas complètement au passé.
Une révolution sécuritaire presque immédiate
Quelques semaines seulement après les attaques, Washington créait la Transportation Security Administration, la TSA.
La sécurité des passagers et des bagages devenait une responsabilité fédérale considérablement renforcée.
En 2003, le Department of Homeland Security — DHS commençait ensuite ses opérations en regroupant plusieurs agences et bureaux fédéraux chargés de la protection du territoire américain.
Les États-Unis ont renforcé le contrôle des passagers et des bagages, le partage des données entre agences, les listes de surveillance, le renseignement antiterroriste, le contrôle des frontières et des visas ainsi que la sécurité des infrastructures critiques.
La protection des cabines de pilotage des avions a également été considérablement renforcée.
Sur un point précis, les États-Unis ont réussi
Une attaque reproduisant exactement la méthode du 11 septembre 2001 serait aujourd’hui beaucoup plus difficile à organiser.
Une grande puissance doit être capable de répondre lorsqu’elle est attaquée. Mais elle doit également être capable de déterminer où doit s’arrêter sa réponse.
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